La transplantation de fèces de patients atteints de syndrome de l’intestin irritable chez la souris altère l’immunité muqueuse et le comportement
(De Palma G et al. Sci Transl Med. 2017 Mar; 9(379)
D’un point de vue périphérique, le syndrome de l’intestin irritable (SII) est caractérisé par des troubles de l’intégrité épithéliale digestive associés à une réaction inflammatoire de bas grade et des altérations du système nerveux central incluant des troubles anxieux. Le rôle physiopathologique du microbiote dans le SII est suggéré par les altérations qualitatives et quantitatives de la flore, par le bénéfice clinique de certains antibiotiques, des probiotiques et de régimes alimentaires limitant les éléments fermentescibles ou le gluten. Plusieurs études évaluent actuellement le bénéfice clinique de la transplantation fécale dans le SII. Dans cette étude originale de l’équipe de l’université de Mas Master (Hamilton, Canada), les auteurs ont analysé l’effet de la transplantation de selles prélevées chez des malades atteints de SII, avec diarrhée prédominante et plus ou moins de troubles anxieux, sur l’immunité muqueuse et le comportement de souris. Et d’observer que les souris qui avaient reçu les selles de malades atteints de SII, et pas celles de sujets sains, présentaient des altérations de l’intégrité épithéliale, une réduction du temps de transit, une activation de l’immunité innée et des troubles anxieux. Ces données indiquent que le microbiote est bien impliqué dans la physiopathologie du SII et que la transplantation fécale de matériel humain chez l’animal permet de reproduire le phénotype clinique du SII et les altérations centrales qui y sont associées, comme les troubles anxieux.
http://stm.sciencemag.org/content/9/379/eaaf6397