Nous sommes très heureux de vous faire part du reportage mis en place par la lauréate de la Bourse jeune reporter pour le congrès de l’ESPGHAN 2025, Lisa Torelli.
Elle nous a gratifié d’un excellent article reprenant tous les grands thèmes et sujets abordés lors du 57ème congrès de l’ESPGHAN.

Article 1. Résultats cognitifs après 12 mois d’alimentation avec une formule infantile contenant 5 oligosaccharides du lait humain : une étude clinique contrôlée randomisée à grande échelle
Auteurs : Reverri E.J., Yalawar M., Leyshon B., Oliver J.S., Buck R.H., Baggs G.E.
Oratrice : Elizabeth Jordan Reverri (États-Unis)
Introduction
L’allaitement maternel est considéré comme le gold standard en matière d’alimentation infantile.
Les oligosaccharides du lait humain (HMOs) en sont le troisième composant solide le plus abondant, après le lactose et les lipides.
Des études observationnelles cliniques ont établi un lien positif entre l’allaitement maternel et le développement cognitif durant la petite enfance. Une revue récente par Berger et al. (Nutrients. 2023. doi: 10.3390/nu15030719. PMID: 36771425) a identifié une association entre certains HMOs présents dans le lait maternel, surtout 2‘FL, 3‘SL, and 6‘SL, et le développement neurodéveloppemental (fonctions cognitives, langage, motricité) chez les enfants âgés de 18 à 24 mois.
L’étude clinique présentée ici est la plus récente ayant évalué une formule infantile contenant 5 HiMOs : 2′- FL, 3′-FL, LNnT, 3′-SL et 6′-SL.
Objectif de l’étude
Évaluer la croissance, le développement et d’autres indicateurs de santé chez des nourrissons nourris avec une formule à base de lait contenant 5 HiMOs.
Méthodologie
Essai clinique randomisé, contrôlé, multicentrique, en double aveugle, avec une durée d’intervention de 24 mois.
607 nourrissons nés à terme en bonne santé ont été inclus entre 0 et 14 jours de vie dans 40 centres aux États-Unis.
Les critères évalués comprenaient : la croissance, la tolérance gastro-intestinale rapportée par les parents, la santé globale rapportée par les parents, le microbiome intestinal, et le développement cognitif.
Le développement cognitif a été évalué à 12 mois à travers deux outils :
- Bayley Scales of Infant and Toddler Development, 4ᵉ edition
- Constituée de 5 échelles : cognition, langage, motricité, socio-émotionnel, comportement adaptatif
- Évalue le fonctionnement développemental chez les enfants âgés de 1 à 42 mois
- Évaluation réalisée par des professionnels de santé
- MacArthur-Bates Communicative Development Inventories, 3ᵉ édition
- Questionnaire parental pour évaluer le développement du langage chez les enfants âgés de 8 à 30 mois
- Composé de deux sections : mots précoces, gestes et actions
- Outil largement utilisé
Résultats
Les nourrissons ayant reçu la formule avec 5 HiMOs comprenaient 24 % de plus de phrases du quotidien que ceux nourris avec une formule sans HiMOs (p value = 0.023).
38 % de plus de nourrissons du groupe HiMO imitaient des mots lorsqu’ils commençaient à parler, comparé au groupe sans HiMOs. Ces données ont été observées à 12 mois. De plus, le groupe de référence (le lait maternel) avait le même impact statistique (p value = 0.010).
Les nourrissons allaités présentaient significativement (p value = 0.020) de meilleurs scores de socialisation que ceux nourris avec une formule sans HiMOs.
En ce qui concerne les scores de socialisation, la formule avec 5 HiMOs présentait des résultats intermédiaires entre les groupes allaités et ceux nourris sans HiMOs. Un effet graduel (stepwise effect) a été observé, suggérant que, avec un échantillon plus large, ces différences auraient pu atteindre une signification statistique.
Conclusions
- Pour la première fois, une formule contenante 5 HiMOs spécifiques (2′-FL, 3′-FL, LNnT, 3′-SL et 6′-SL) a été étudiée et a démontré un soutien au développement cognitif à 12 mois :
- Un développement du langage supérieur à celui observé avec une formule sans HiMOs ;
- Un développement social comparable à celui des nourrissons allaités.
- Il s’agit de la plus grande et plus longue étude clinique menée aux États-Unis sur une formule infantile enrichie en HiMOs.
Article 2. Effet d’une supplémentation chronique en oligosaccharides du lait sialylés sur la physiologie intestinale et le microbiote chez des souriceaux à croissance postnatale retardée
Auteurs : Dubernat L., Marousez L., Zarnitsky P., Meresse B., Gottrand F., Lesage J., Ley D.
Oratrice : Dubernat Laure (France)
Introduction
Les oligosaccharides du lait humain (HMOs) constituent l’un des composants essentiels du lait maternel humain, juste après le lactose et les lipides en termes d’abondance. Ils exercent différents modes d’action, et selon leur structure, ils peuvent être classés en trois grands groupes : les HMOs fucosylés (les plus abondants dans le lait humain), les HMOs non fucosylés et les HMOs sialylés (les plus abondants dans le lait de rongeur).
Ces molécules sont impliquées dans la santé intestinale du nourrisson, potentiellement via une action prébiotique réelle, mais pas uniquement. Ce travail s’intéresse spécifiquement au rôle de ces composés dans le processus de maturation intestinale.
Méthodes
Un modèle murin spécifique appelé Postnatal Growth-Restricted pups (PNGR) a été utilisé. Ce modèle repose sur une augmentation de la taille de la portée, passant de 8 souriceaux par mère dans le groupe contrôle à 15 souriceaux par mère dans le groupe grande portée, or large litter (LL). En raison de cette compétition accrue pour le lait maternel, les souriceaux LL développent une restriction de croissance postnatale, liée à des apports oraux diminués.
Dans ce modèle, une supplémentation quotidienne a été administrée entre le 8e jour postnatal et le sevrage (21e jour), soit avec de l’eau (LL-W), soit avec une solution contenant des HMOs sialylés : 3’SL et 6’SL (LL-SL).
Résultats
- Une réduction significative du gain de poids a été observée dans les deux groupes LL comparés au groupe contrôle, sans effet de la supplémentation en oligosaccharides sialylés.
- Concernant la morphologie intestinale au moment du sevrage, une réduction significative de la hauteur des villosités et de la profondeur des cryptes a été observée uniquement dans l’intestin grêle des deux groupes LL par rapport au contrôle, sans effet de la supplémentation en oligosaccharides sialylés.
- En ce qui concerne le microbiote intestinal, les souriceaux LL-SL ont présenté une augmentation de la famille bactérienne Ruminococcaceae, connue pour sa capacité à produire du butyrate, molécule impliquée dans la modulation des dysfonctionnements inflammatoires.
- Par ailleurs, un modèle murin sans microbiote a été utilisé en cultivant des organoïdes intestinaux murins dans un environnement dépourvu de microbiote, exposés aux mêmes oligosaccharides sialylés pendant 4 ou 6 jours. Nous avons analysé l’expression génique liée aux processus de différenciation et de prolifération cellulaires. Une augmentation significative de l’expression des gènes liés au lysosome a été observée chez les organoïdes exposés aux oligosaccharides sialylés.
Conclusion
- Par la modulation du microbiote intestinal, la supplémentation en HMOs sialylés pendant l’allaitement pourrait exercer un effet anti-inflammatoire, en stimulant la production de butyrate.
- Indépendamment du microbiote, ces oligosaccharides sialylés pourraient également avoir des effets directs sur la différenciation des cellules souches intestinales.
Article 3. Effet du modèle d’alimentation chronobiologique sur le sommeil et les paramètres physiologiques chez les nouveau-nés prématurés : essai contrôlé randomisé
Auteurs : Temizsoy E., Bozkurt N., Ovali H.F., Uysal G.
Oratrice : Ebru Temizsoy (Turquie)
Introduction
La chronobiologie est la science des rythmes biologiques, c’est-à-dire l’étude de la manière dont les organismes s’adaptent aux cycles quotidiens, mensuels ou saisonniers.
Les rythmes biologiques incluent les rythmes circadiens (quotidiens), ultradiens (plus courts) et infradiens (plus longs).
Le rythme biologique le plus important est le rythme circadien, qui désigne les cycles internes de 24 heures régulant le sommeil, la sécrétion hormonale, la température corporelle et le métabolisme.
Les premiers signes de rythme circadien apparaissent chez le fœtus à partir de la 30ᵉ semaine de grossesse. Toutefois, ce rythme n’est pas encore pleinement fonctionnel en période néonatale précoce.
Les prématurés perdent précocement les signaux hormonaux maternels et sont exposés prématurément à des synchroniseurs environnementaux tels que la lumière et l’alimentation entérale.
Parmi les autres synchroniseurs figurent les horaires de nutrition, les routines de soins infirmiers, la température de l’incubateur, la photothérapie et les protocoles médicamenteux.
Le lait maternel constitue un synchroniseur puissant, avec une composition qui varie entre le jour et la nuit. Le lait exprimé le jour contient du cortisol et des acides aminés favorisant l’éveil, tandis que le lait de nuit contient des concentrations plus élevées de mélatonine et de tryptophane, qui favorisent le sommeil.
Cependant, dans la majorité des unités de soins intensifs néonatals (NICUs : Neonatal Intensive Care Units), le lait maternel exprimé à différents moments est souvent mélangé, sans distinction entre le lait de jour et celui de nuit.
Le lait maternel constitue un signal circadien important, mais les études cliniques à ce sujet chez les prématurés demeurent insuffisantes.
Recherches récentes :
- McKenna & Reiss (2018) : proposent une approche de « chrono-lactomique » alignant l’alimentation sur les rythmes naturels de composition du lait.
- White (2020) : les variations diurnes/nocturnes du lait maternel pourraient influencer la croissance et le développement du nourrisson.
- Gils et al. (2023) : le lait maternel adapté au rythme circadien pourrait améliorer la croissance et la régulation circadienne chez les nouveau-nés.
- Cui et al. (2025) : la chrononutrition du lait maternel pourrait affecter le rythme veille-sommeil et le développement cérébral du nourrisson.
- Temizsoy et al. (2025) : une alimentation circadienne chez les prématurés a amélioré la croissance et réduit la durée d’hospitalisation.
Objectif de l’étude
Évaluer l’effet d’un modèle d’alimentation chronobiologique sur le sommeil et les paramètres physiologiques chez les nouveau-nés prématurés hospitalisés.
Méthodologie
- Essai contrôlé randomisé prospectif.
- 60 nouveau-nés prématurés, suivis dans la NICU de l’hôpital Süleyman Yalcin de Göztepe (Turquie) ont été inclus entre avril 2023 et mars 2024.
- Les données ont été recueillies à l’aide d’un formulaire de suivi : données démographiques, durée du sommeil, fréquence des éveils, qualité du sommeil, fréquence cardiaque et température corporelle.
- Les caractéristiques du sommeil, les pleurs et les paramètres physiologiques ont été relevés au premier jour de vie, au début de l’étude (Avril 2023), et avant la sortie.
- Intervention :
Les nourrissons étaient nourris lorsqu’ils se réveillaient spontanément. Si l’intervalle dépassait 4 heures, ils étaient doucement réveillés.
Deux groupes :
- A. Groupe intervention : recevaient du lait maternel synchronisé (correspondant au moment de l’expression : Lait exprimé entre 8h00 et 19h59 = lait de jour ; Lait exprimé entre 20h00 et 7h59 = lait de nuit).
- B. Groupe contrôle : recevaient du lait maternel préparé selon les pratiques standard, sans considération de l’heure d’expression.
Résultats
- Aucune différence significative entre les groupes sur le plan démographique (p > 0,05).
- Le groupe intervention a montré :
- Une durée de sommeil au repos significativement plus longue (p = 0,011).
- Une augmentation significative de la durée de sommeil à la sortie (p<0,001).
- Une durée de sommeil profond à la sortie également plus élevée (p = 0,002).
- Une réduction de la fréquence des éveils (p < 0,041).
- Aucune différence significative pour les paramètres physiologiques, notamment la fréquence cardiaque et la température corporelle.
Conclusion
- L’alimentation avec du lait maternel adapté au rythme circadien améliore la qualité du sommeil chez les nouveau-nés prématurés.
- Des modifications simples des pratiques en NICUs pourraient favoriser le développement circadien des prématurés.
- Le modèle d’alimentation chronobiologique influence positivement les caractéristiques du sommeil des nouveau-nés prématurés hospitalisés.
- Des études supplémentaires sont nécessaires pour approfondir ses effets sur d’autres issues cliniques.
Article 4. Une formule en deux étapes contenant des oligosaccharides du lait humain et des protéines partiellement hydrolysées soutient la croissance, la tolérance gastro- intestinale et la sécurité chez les nouveau-nés prématurés : une étude interventionnelle multicentrique, en ouvert
Auteurs : Zemrani B., Demova K., Hartweg M., Rochow N., Fusch C., Uhrikova Z., Zibolen M.
Oratrice : Boutaina Zemrani (Suisse)
Objectifs
- Le lait maternel est le gold standard en matière de nutrition néonatale chez les prématurés.
- Les oligosaccharides du lait humain (HMOs) sont des composants essentiels pouvant offrir des bénéfices uniques aux nourrissons prématurés.
- L’objectif de cette étude était d’évaluer la croissance et la sécurité d’une formule néonatale en deux étapes, à base de protéines partiellement hydrolysées et enrichie en HiMOs (PTF-HMO).
Méthodes
Étude interventionnelle, multicentrique, en ouvert, sans groupe témoin.
Nouveau-nés prématurés nourris avec une formule en deux phases contenant 1,5 g/L de HiMOs (2’FL, LNnT) :
- Etape 1 PTF-HiMO (3,6 g de protéines/100 kcal) administrée jusqu’à atteindre un poids de 1800 g. La formule est donnée lorsque 24h d’alimentation trophique est possible
- Etape 2 PTF-HiMO (2,8 g de protéines/100 kcal) poursuivie jusqu’à 60 jours après la sortie de l’hôpital (PD, post discharge)
L’alimentation entérale complète (FEF, full enteral feeding) est définie comme l’atteinte de 150 ml/kg/jour d’apports entéraux et l’arrêt de la nutrition parentérale.
Population étudiée
Nourrissons prématurés cliniquement stables, N = 26.
Âge gestationnel (semaines) moyen (EC) : 29,5 (1,5) (range : 27–34 semaines).
Poids de naissance (g) moyen (EC) : 1246 (169) (range : 940–1600 g).
Résultats
Critère primaire
- Le gain pondéral moyen ajusté, entre le jour 1 de FEF et l’atteinte de 1800 g, n’est pas inférieur à la vitesse de croissance médiane des courbes de références Fenton (17,3 g/kg/jour), dans les populations ITT (intention de traiter) et PP (per protocole).
Critères secondaires
- La vitesse de croissance de la naissance à 60 jours après la sortie reste dans les objectifs recommandés.
- Le temps nécessaire pour atteindre le FEF à partir de la naissance reflète une bonne tolérance digestive de la formule Etape 1 PTH-HiMO.
- 21 nourrissons ont présenté des événements indésirables (AE : adverse events), pour un total de 53 AE rapportés. Aucun de ces événements n’était lié à l’administration de la formule contenant du PTF-HiMO. Aucun AE fatal ni cas d’entérocolite nécrosante n’a été signalé. Par ailleurs, les biomarqueurs de l’état protéique (urée sanguine et albumine sérique) et de la santé osseuse (phosphore et calcium sériques et urinaires, phosphatase alcaline sérique, vitamine D) sont restés dans les valeurs normales.
- La quantité absolue de bifidobactéries fécales a augmenté progressivement au fil du temps
Conclusion
Les premières formules pour prématurés « in-hospital » et « post-hospital», contenant deux HiMOs et administrées de la naissance à 60 jours PD :
- Sont sûres et bien tolérées ;
- Soutiennent une croissance adaptée à l’âge ;
- Favorisent une bonne tolérance gastro-intestinale.
Article 5. Faire des choix éclairés pour la gestion nutritionnelle des bébés atteints d’allergie aux protéines de lait de vache (APLV)
Symposium Nestlé Nutrition Institute
Jeudi 15 mai 2025
Ne pas se limiter à l’élimination de la protéine de lait de vache
Oratrice : Lucy Jackman, diététicienne spécialisée, Great Ormond Street Hospital, Londres
L’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est une réaction immunologique déclenchée par lactosérum ou la caséine et les protéines présentes dans le lait de vache. Les types principaux de réactions sont triples : IgE-médiées, non-IgE médiées, mixtes (impliquant à la fois les IgE et des mécanismes non IgE).
Le diagnostic de l’allergie non-IgE médiée est souvent complexe, car beaucoup des symptômes observés sont très courants chez la majorité des nourrissons. Cela peut entraîner un retard ou une erreur diagnostique.
La seule méthode fiable pour le diagnostic repose sur le processus des « 4 R » :
- Retirer les protéines responsables
- Remplacer par une alternative adaptée
- Réintroduire après une période donnée
- Réévaluer l’apparition de symptômes (Relapse)
Même en cas de suspicion d’APLV, toutes les recommandations encouragent l’allaitement maternel :
- Le lait maternel est le mode d’alimentation privilégié pour le nourrisson
- Recommandé jusqu’à 6 mois, exclusif
- Puis en complément de l’alimentation jusqu’à 2 ans
- Les bénéfices de l’allaitement dépassent la simple valeur nutritionnelle : bénéfices pour la santé de l’enfant et de la mère, aspects socio-affectifs, économiques (le lait maternel est gratuit) et environnementaux (réduction des déchets plastiques, biberons, etc.).
D’un point de vue nutritionnel, le lait maternel contient pratiquement tous les nutriments nécessaires au nourrisson.
Pour éviter surdiagnostic et sous-diagnostic, plusieurs recommandations existent. Selon les dernières directives ESPGHAN (1) : l’allaitement maternelle est recommandé en première intention. En cas d’impossibilité ou de choix parental, des formules hydrolysées extensivement (caséine ou lactosérum) ou des formules hydrolysées à base de protéines de riz sont conseillées. Les formules à base d’acides aminés sont réservées en dernier recours.
Les formules disponibles se classent en cinq catégories principales : formules partiellement hydrolysées (pHF, non adaptées à l’APLV), extensivement hydrolysées (eHF), à base d’acides aminés, à base de soja, à base de riz.
La fabrication d’un hydrolysat extensif (eHF) consiste à casser les liaisons peptidiques pour réduire la taille des peptides allergéniques, éliminer les épitopes reconnus et ainsi prévenir la réaction allergique.
Le procédé industriel comprend quatre étapes : traitement thermique ; hydrolyse enzymatique (trypsine, chymotrypsine…) ; hydrolyse sous pression hydrostatique ; ultrafiltration pour éliminer les peptides longs résiduels.
Est-ce que toutes les eHFs sont les mêmes ? Elles présentent un profil nutritionnel très similaire, strictement réglementé, mais leur composition varie en termes de type et taille des peptides, source de glucides (avec ou sans lactose), type de lipides (MCT, LCT), et ajout de composants comme des probiotiques (ex. Lactobacillus rhamnosus GG) ou prébiotiques (HMOs, GOS, FOS).
Concernant les enfants dont les symptômes persistent sous eHF, une étude de cohorte EuroPrevall néerlandaise (2) a montré que moins de 50 % d’entre eux contrôlaient adéquatement leurs symptômes, suggérant la nécessité d’une meilleure compréhension des facteurs influençant l’efficacité des formules.
Une étude Nestlé Health Science (3) a analysé la distribution des peptides dans toutes les formules eHF disponibles. Elle a révélé que beaucoup contiennent encore des peptides >1200 Da, notamment les hydrolysats à base de lactosérum, ce qui pourrait expliquer les symptômes persistants en raison d’une allergénicité résiduelle.
L’étude a aussi évalué la présence résiduelle de β-lactoglobuline (BLG), un des principaux allergènes du lactosérum. Ils ont observé que les produits contenant une proportion plus élevée de peptides plus longs (> 1200 Da) avaient tendance à contenir des quantités plus importantes de β-lactoglobuline résiduelle.
Un facteur différenciant entre les eHFs est la présence de lactose.
L’ajout de lactose dans les formules eHF favorise une flore intestinale bénéfique (↑ Bifidobactéries et Lactobacilles, ↓ Bacteroides, Prevotella, Clostridia) (4), stimule la production de SCFAs (bénéfiques pour la barrière épithéliale et la santé intestinale), et améliore l’absorption du calcium sans nuire à celle du zinc (5).
Les recommandations récentes de l’ESPGHAN indiquent qu’aucune donnée justifie l’éviction totale du lactose dans l’APLV. L’unique exception concerne les cas de diarrhée sévère durant > 1 semaine, où un déficit transitoire en lactase peut être suspecté ; un hydrolysat sans lactose peut alors être temporairement préférée.
Les préparations pour nourrissons évoluent pour se rapprocher du lait maternel, notamment grâce à l’ajout d’oligosaccharides du lait humain (HMOs), qui agissent comme prébiotiques en nourrissant sélectivement les bactéries bénéfiques du microbiote intestinal.
Chez les nourrissons allaités, les bifidobactéries dominent et fermentent les HMOs en SCFAs, réduisant le pH colique et limitant les pathogènes.
L’étude de Boulangé et al. (6) montre que, comparée à la même formule eHF sans HMOs, la formule enrichie en 2‘-FL et LNnT favorise significativement une flore riche en bifidobactéries et ralentit la transition vers un microbiote adulte.
L’étude de Nowak-Wegrzyn et al. (7) a confirmé que l’ajout de 2’-FL et LNnT dans une formule eHF est bien toléré par les nourrissons atteints d’APLV : 98,4 % ont toléré la formule avec HMOs, démontrant son caractère hypoallergénique et sa sécurité.
L’étude de Vandenplas et al. (8) a montré que les nourrissons atteints d’APLV nourris avec une eHF supplémentée en 2’FL et LNnT présentent une croissance normale, similaire à celle des nourrissons recevant la même formule sans HMOs, sans différence significative de poids, taille, périmètre crânien ou IMC.
Conclusions :
- Le lait maternel reste le mode d’alimentation recommandé pour tous les nourrissons, y compris ceux atteints d’APLV ;
- Les eHF à base de lait de vache (caséine ou lactosérum) ou, en alternative, les hydrolysats à base de riz doivent être utilisées en première intention en cas d’APLV si l’allaitement maternel n’est pas possible ;
- Le lactose ne doit pas être évité en cas de suspicion d’APLV ;
- Toutes les eHF ne sont pas identiques. La longueur des peptides et les protéines résiduelles peuvent influencer les résultats cliniques ou la tolérance ;
- L’ajout d’oligosaccharides du lait humain peut être bénéfique pour soutenir un microbiome plus proche de celui d’un nourrisson allaité. Ils favorisent une croissance adéquate.
Tous les hydrolysats de protéines sont-ils les mêmes ?
Oratrice : Prof. Clare Mills, Professeur en immunologie alimentaire et moléculaire, Université de Surrey, UK
Les principales protéines du lait de vache — caséines, α-lactalbumine et β-lactoglobuline — sont des allergènes cliniquement pertinents (9).
La caséine, représentant 80 % des protéines du lait, est flexible, phosphorylée et forme des micelles via la liaison au calcium.
En revanche, les protéines de lactosérum comme la β-lactoglobuline (2 % des protéines du lait, très résistante à la digestion) et l’α-lactalbumine (thermolabile, également liée au calcium) ont des structures plus rigides et des propriétés différentes.
Les épitopes sont les parties des protéines reconnues par les anticorps. Ils peuvent être :
- Linéaires (continus) : une séquence d’acides aminés contigus, reconnaissable même si la protéine est dépliée.
- Conformationnels (discontinus) : des régions rapprochées par le repliement de la protéine, reconnues uniquement si la protéine conserve sa structure tridimensionnelle.
Deux types d’hydrolyse des protéines sont utilisées dans la fabrication des formules infantiles :
- Partiellement hydrolysées (pHF) comprenant des peptides < 5 kDa. L’hydrolyse partielle laisse les épitopes IgE intacts.
- Extensivement hydrolysées (eHF) comprenant des peptides < 3 kDa et généralement filtrées à travers un filtre de 5 kDa.
À la suite des travaux de Nutten et al. (3), une collaboration entre l’équipe du Prof. Mills et Nestlé a été lancée pour cartographier en détail les composants d’eHF potentiellement impliqués dans des réactions IgE-médiées
: protéines intactes résiduelles, peptides de 1300–1600 Da (pouvant contenir des épitopes IgE linéaires), agrégats peptidiques liés par des ponts disulfures ou du calcium.
L’analyse SDS-PAGE montre que la formule pHF présente de grosses protéines mal hydrolysées, dont certaines dépassant 100 000 Da, pouvant induire une réactivité IgE. Fait intéressant, parmi les eHF testées, eHF-1 avait encore beaucoup de résidus protéiques, signe d’une hydrolyse insuffisante. eHF-2 et eHF-3 présentaient quelques composants résiduels, tandis que les formules eHF-4 à eHF-8 ne montraient aucune protéine détectable.
Ces résultats confirment que toutes les formules extensivement hydrolysées (eHF) ne sont pas équivalentes — certaines contiennent encore des quantités considérables de protéines intactes ou agrégées.
La spectrométrie de masse révèle des différences marquées entre les profils peptidiques des formules : eHF1 est proche de la pHF, eHF2 et eHF3 forment un groupe distinct, tandis
que les eHF4 à eHF8 se regroupent ensemble. Ces variations reflètent des différences dans le nombre et la taille des peptides, liées aux procédés de fabrication.
Ces résultats, appuyés par un ensemble complet de techniques analytiques, démontrent clairement que de nombreuses formules étiquetées comme « fortement hydrolysées » ne le sont en réalité pas, mettant en évidence une grande variabilité entre elles.
Conclusion
- L’analyse physico-clinique menée dans cette étude permet d’expliquer plusieurs observations cliniques, étayées par des références indiquant que les eHF peuvent parfois déclencher des symptômes. Il est essentiel de noter que toutes les eHF ne sont pas identiques ; en réalité, l’une d’elles ressemble davantage à une pHF.
- À l’avenir, il est crucial de compléter les analyses chimiques par des évaluations de l’activité biologique, comme les tests d’activation des cellules effectrices à l’aide d’échantillons biologiques provenant de nourrissons diagnostiqués avec une allergie au lait de vache. Cette approche permettra de valider nos résultats physico-chimiques et de contribuer à l’établissement de critères plus précis.
- Un cadre scientifique plus clair définira ce qui constitue réellement une formule eHF, ce qui aidera les cliniciens à choisir la formule la plus appropriée pour chaque nourrisson.
Bibliographie
- Vandenplas Y, Broekaert I, Domellöf M, Indrio F, Lapillonne A, Pienar C, Ribes-Koninckx C, Shamir R, Szajewska H, Thapar N, Thomassen RA, Verduci E, West C. An ESPGHAN Position Paper on the Diagnosis, Management, and Prevention of Cow’s Milk Allergy. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2024 Feb;78(2):386-413. doi: 10.1097/MPG.0000000000003897. Epub 2023 Jul 26. PMID: 38374567.
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- Riggioni C, Ricci C, Moya B, Wong D, van Goor E, Bartha I, Buyuktiryaki B, Giovannini M, Jayasinghe S, Jaumdally H, Marques-Mejias A, Piletta-Zanin A, Berbenyuk A, Andreeva M, Levina D, Iakovleva E, Roberts G, Chu D, Peters R, du Toit G, Skypala I, Santos AF. Systematic review and meta-analyses on the accuracy of diagnostic tests for IgE-mediated food allergy. Allergy. 2024 Feb;79(2):324-352. doi: 10.1111/all.15939. Epub 2023 Nov 27. PMID: 38009299.
Article 6. Considérations cliniques et nutritionnelles de la nutrition entérale chez les enfants atteints de troubles gastro-intestinaux
Symposium Nestlé Nutrition Institute
Vendredi 16 mai 2025
Définir la malnutrition chez l’enfant avec paralysie cérébrale
Orateur : Prof. Koen Huysentruyt (Bruxelles, Belgique)
Introduction
Les enfants atteints de paralysie cérébrale (PC), classés en 5 niveaux, selon le GMFCS (Gross Motor Function Classification System), présentent un risque élevé de troubles nutritionnels, pouvant entraîner des retards de croissance, des complications médicales et une baisse de la qualité de vie. Cette vulnérabilité s’explique par plusieurs facteurs : difficultés de communication, effets secondaires digestifs des traitements (comme les antiépileptiques) et impact de la malnutrition sur la santé osseuse, bucco-dentaire et les suites chirurgicales.
Principes de l’évaluation nutritionnelle
L’approche de Mehta et al. (1) propose une méthode rigoureuse basée sur une évaluation anthropométrique, en intégrant la présence éventuelle d’une maladie chronique et les causes de la malnutrition. Cette analyse permet d’élaborer un plan nutritionnel personnalisé, adapté aux besoins spécifiques de chaque enfant.
Selon le position paper du groupe spécial ESPGHAN (2) :
- Aucun paramètre unique ne permet de poser un diagnostic fiable de malnutrition
- Une combinaison de mesures est nécessaire pour évaluer les besoins énergétiques et adapter le traitement
- Une prise en charge individualisée est essentielle
Le groupe PICNICC
Un groupe international de 10 experts de 10 pays a travaillé à l’adaptation des critères de Mehta aux enfants présentant des troubles neurologiques. La démarche combine une revue systématique, des échanges, une réunion en présentiel et une méthode Delphi modifiée pour parvenir à un consensus. Ce projet est soutenu par Nestlé Health Science.
Quels outils utiliser pour surveiller la croissance ?
- Courbes de croissance spécifiques
Une étude américaine sur plus de 25 000 enfants (3) a permis d’élaborer des courbes adaptées aux enfants avec PC. Une « red zone » a été identifiée, associée à un risque accru de mortalité. Les courbes spécifiques doivent être utilisées en complément des courbes standard. - Mesures segmentaires
Recommandées par l’ESPGHAN, elles sont utiles lorsque la taille ne peut être mesurée précisément, comme en cas de scoliose ou spasticité. La hauteur du genou peut être utilisée. L’IMC seul n’est pas fiable si la taille est estimée, et ne doit pas être utilisé isolément. - Périmètre brachial (MUAC)
Un indicateur simple et fiable, adapté aux enfants avec ou sans PC. - Épaisseur des plis cutanés
L’évaluation du pli tricipital (TSF) et sous-scapulaire (SSF), à mesurer tous les deux, est importante, car ces enfants ont souvent une distribution centrale des graisses. Une étude belge (4) a montré que les formules standards sous-estiment la masse grasse par rapport à des formules adaptées.
Recommandations du groupe PICNNIC pour l’orientation vers une évaluation nutritionnelle approfondie : qui doit faire l’objet d’un tel suivi ?
- Poids pour l’âge < 5ᵉ percentile (GMFCS I-II) ou < 20ᵉ percentile (GMFCS III, IV, V), ou dans la zone rouge des courbes de croissance spécifiques à la PC
- Perte de poids, stagnation pondérale ou diminution de la prise de poids, sur les courbes de croissance générales ET sur les courbes spécifiques.
- Poids pour l’âge > 20° percentile sur les courbes spécifiques
- Poids pour l’âge < 3° percentile ou > 75° percentile sur les courbes générales
Une évaluation nutritionnelle approfondie comprend :
- Évaluation détaillée de :
- MUAC, TSF, SSF
- Analyse des apports alimentaires quotidiens
- Analyse des co-morbidités
- Analyse de la participation sociale
- L’évaluation pourrait éventuellement inclure un évaluation subjective globale de l’état nutritionnel
- L’évaluation pourrait éventuellement inclure BIA, DXA (masse grasse et maigre).
Micronutriments à surveiller
- Calcium : Une carence chronique en calcium ne se manifeste pas nécessairement dans le taux sérique, car le calcium est mobilisé à partir des réserves osseuses pour maintenir l’équilibre. Préférer Ca:Cr urinaire et PTH
- Zinc and Carnitine : attention surtout en cas de valproate ou régime cétogène
- Vitamine D (25-OH) : cruciale pour prévenir l’ostéopénie
- Fer : penser à une œsophagite ou gastrite occulte si carence persistante
Conformément à l’ESPGHAN position paper (5), éviter les bilans micro nutritionnels en période de maladie aiguë (risque de résultats faussement altérés par l’inflammation).
Messages à retenir
- Les enfants avec PC sont à haut risque nutritionnel, avec impact direct sur la santé
- L’évaluation nutritionnelle classique doit être adaptée à cette population, mais avec des adaptations spécifiques
- Il faut utiliser deux types de courbes (standard + spécifiques)
- Des critères clairs permettent de déterminer quels enfants doivent être orientés vers une évaluation spécialisée
Nutrition entérale à base d’aliments réels chez les enfants atteints de maladies neuromusculaires – cas clinique
Orateur : Professeur Claudio Romano (Messine, Italie)
Cas clinique : Joseph, 2 ans
Présentant une hypotonie dès la naissance (grossesse à terme) et une difficulté d’allaitement, Joseph a nécessité une alimentation par sonde nasogastrique. Le diagnostic de dystrophie musculaire congénitale de type 1A (MDC1A) a été confirmé par analyses biologiques (CPK très élevé), génétiques (mutation du gène LAMA2) et biopsie musculaire (fibrose et diminution de l’expression de la laminine alpha2). Il a initialement été nourri avec une formule polymérique, mal tolérée (reflux, distension, constipation). Une gastrostomie a ensuite été mise en place et une formule à base d’aliments réels introduite, avec de meilleurs résultats.
Des études (6) montrent que les formules entérales à base d’aliments réels améliorent la tolérance digestive, les symptômes gastro-intestinaux et permettent une meilleure évolution pondérale chez les enfants avec troubles neuromusculaires.
Une revue systématique (7) suggère aussi un impact positif sur le microbiote intestinal.
Alimentation jéjunale chez les enfants ayant des pathologies complexes : formules à base d’ingrédients alimentaires – cas cliniques
Orateur : Dr Graeme O’Connor (Londres, Royaume-Uni)
Cas clinique 1 : Connie
Diagnostiquée d’atrophie musculaire spinale à l’âge de huit mois, elle a très tôt aussi présenté des troubles de la succion et une incapacité à introduire les aliments solides, ainsi qu’un reflux gastro-œsophagien sévère ayant nécessité une sonde nasogastrique, puis une gastrostomie. Malgré l’utilisation d’une formule partiellement hydrolysée, ses symptômes digestifs n’ont pas été soulagés, ce qui a conduit à une nutrition jéjunale. Elle souffrait aussi de constipation chronique, résistante aux laxatifs bien dosés.
Dans un premier temps, son alimentation reposait sur une formule riche en acides aminés et en glucides, accompagnée de probiotiques, de solutions de réhydratation orale et d’un supplément de sel. Cette approche a permis une amélioration temporaire de la constipation, mais celle-ci est réapparue à l’âge de six ans. L’introduction d’une formule à base d’ingrédients alimentaires réels, apportant 1,2 kcal/mL et 1 g de fibres par portion, a été alors envisagée, bien que les mélanges maison (blended diets) n’étaient pas adaptés à sa situation en raison de la sonde jéjunale.
L’alimentation, administrée en trois sessions continues via la gastrostomie, a permis une meilleure tolérance digestive. Sous formule aux acides aminés, son poids avait chuté du 25ᵉ au 4ᵉ percentile, mais il a de nouveau progressé après l’introduction de la formule à base d’aliments réels.
Aujourd’hui, Connie a huit ans, pèse 20 kg et suit la courbe de croissance au 2ᵉ percentile, avec un bon équilibre nutritionnel et une meilleure qualité de vie digestive sous cette formule.
Cas clinique 2 : Aisha
Diagnostiquée à l’âge de trois mois d’hyperinsulinisme congénital. Dès la naissance, elle présentait des difficultés d’allaitement et un reflux gastro-œsophagien sévère. Un premier essai nutritionnel avec une formule concentrée en acides aminés et en glucides n’a pas permis d’amélioration clinique. Face à la persistance des troubles, une sonde nasogastrique a été mise en place pour stabiliser la glycémie, suivie plus tard d’une gastrostomie avec extension jéjunale afin de mieux contrôler le reflux. La constipation a été traitée par Movicol.
À l’âge de deux ans, Aisha est passée à une formule entérale à base d’aliments réels, contenant 1,2 % de glucides et 8 g de fibres pour 100 mL (contre zéro dans les formules élémentaires). Ce changement a permis de faciliter la gestion de l’hydratation, tout en améliorant le contrôle glycémique et en réduisant l’osmolarité. Les résultats cliniques ont montré une nette réduction des épisodes d’hyperglycémie après l’introduction de cette nouvelle formule.
Ce cas s’inscrit dans une tendance observée par une étude rétrospective multicentrique (8), qui a évalué la tolérance à une formule à base d’ingrédients alimentaires (Compleat Pediatric de Nestlé Health Science) chez 43 nourrissons ayant précédemment présenté des troubles digestifs sous formules standard. Après au moins un mois d’utilisation, une amélioration notable des symptômes gastro-intestinaux (reflux, flatulences, selles molles, constipation) a été rapportée par les parents, indépendamment du type de formule utilisée auparavant. Une prise de poids significative a également été observée, suggérant que ce type de formule pourrait représenter une alternative intéressante pour les enfants présentant une mauvaise tolérance digestive aux formules classiques.
Références
- Mehta NM, Corkins MR, Lyman B, Malone A, Goday PS, Carney LN, Monczka JL, Plogsted SW, Schwenk WF; American Society for Parenteral and Enteral Nutrition Board of Directors. Defining pediatric malnutrition: a paradigm shift toward etiology-related definitions. JPEN J Parenter Enteral Nutr. 2013 Jul;37(4):460-81. doi: 10.1177/0148607113479972. Epub 2013 Mar 25. PMID: 23528324.
- Hulst JM, Huysentruyt K, Gerasimidis K, Shamir R, Koletzko B, Chourdakis M, Fewtrell M, Joosten KF; Special Interest Group Clinical Malnutrition of ESPGHAN. A Practical Approach to Identifying Pediatric Disease-Associated Undernutrition: A Position Statement from the ESPGHAN Special Interest Group on Clinical Malnutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2022 May 1;74(5):693-705. doi: 10.1097/MPG.0000000000003437. Epub 2022 Mar 3. PMID: 35258497.
- Brooks J, Day S, Shavelle R, Strauss D. Low weight, morbidity, and mortality in children with cerebral palsy: new clinical growth charts. Pediatrics. 2011 Aug;128(2):e299-307. doi: 10.1542/peds.2010- 2801. Epub 2011 Jul 18. PMID: 21768315.
- Huysentruyt K, Geeraert F, Allemon H, Prinzie P, Roelants M, Ortibus E, Vandenplas Y, De Schepper J. Nutritional red flags in children with cerebral palsy. Clin Nutr. 2020 Feb;39(2):548-553. doi: 10.1016/j.clnu.2019.02.040. Epub 2019 Mar 8. PMID: 30902487.
- Gerasimidis K, Bronsky J, Catchpole A, Embleton N, Fewtrell M, Hojsak I, Indrio F, Hulst J, Köglmeier J, de Koning B, Lapillonne A, Molgaard C, Moltu SJ, Norsa L, Verduci E, Domellöf M; ESPGHAN Committee on Nutrition. Assessment and Interpretation of Vitamin and Trace Element Status in Sick Children: A Position Paper From the European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology, and Nutrition Committee on Nutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2020 Jun;70(6):873-881. doi: 10.1097/MPG.0000000000002688. PMID: 32443051.
- Valeria Dipasquale, Rossella Morello, Claudio Romano, Formula with real food ingredients for tube feeding in children with neuromuscular disorders (NMDs): A case series, Human Nutrition & metabolism, Volume 40, 2025, 200306, ISSN 2666-1497, https://doi.org/10.1016/j.hnm.2025.200306.
- Murayi JA, Evenson E, Britton C, Gehred A, Goday PS. Clinical effects of pediatric commercial food- based formulas: A systematic review. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2025 Mar;80(3):501-509. doi: 10.1002/jpn3.12450. Epub 2024 Dec 27. PMID: 39727063.
- O’Connor G, Watson M, Van Der Linde M, Bonner RS, Hopkins J, Saduera S. Monitor gastrointestinal tolerance in children who have switched to an « enteral formula with food-derived ingredients »: A national, multicenter retrospective chart review (RICIMIX study). Nutr Clin Pract. 2022 Aug;37(4):929- 934. doi: 10.1002/ncp.10812. Epub 2021 Dec 21. PMID: 34935190; PMCID: PMC9544717.
Article 7. HMO : bénéfices liés au microbiome et leur potentiel au-delà de l’immunité
Symposium Nestlé Nutrition Institute
Vendredi 16 mai 2025
Introduction du modérateur, Professeure Hania Szajewska (Varsovie, Pologne)
Les oligosaccharides du lait humain (HMO) sont le troisième constituant solide le plus abondant du lait maternel. Bien que connus depuis le XIXe siècle, leur rôle fait aujourd’hui l’objet d’un nouvel intérêt, principalement grâce au fait que les techniques analytiques modernes permettent de mieux comprendre leur structure et leurs fonctions, et que la biotechnologie rend possible leur production à grande échelle, permettant leur ajout aux formules infantiles.
On distingue désormais deux types de HMO : ceux naturellement présents dans le lait maternel, et ceux produits par biotechnologie. Pour les différencier, une terminologie consensuelle, « Human-Identical Oligosaccharides » (HiMOs), est utilisée, bien qu’imparfaite.
Lors du congrès ESPGHAN, un groupe d’experts a présenté six articles sur les biotiques ajoutés aux formules infantiles, incluant les HMO. Ces publications se concentrent sur les résultats cliniques, sans inclure les données de composition du microbiote, car les modifications de ce dernier, sans effets cliniques démontrés, ne suffisent pas à justifier des recommandations médicales.
Ce symposium vise justement à réorienter l’attention vers le rôle des HMO sur le microbiote, mettant en lumière leur impact potentiel sur la santé infantile.
De la génétique au microbiote intestinal : le rôle des HMO dans le microbiote et la santé du nourrisson
Oratrice : Professeure Anne Salonen (Helsinki, Finlande)
Malgré les avancées biotechnologiques prometteuses concernant les HMO, les études observationnelles restent essentielles pour comprendre leurs interactions naturelles avec le microbiote intestinal et leur impact sur la santé digestive. Leur étude est complexe en raison de la forte variabilité naturelle des HMO, qui dépend de nombreux facteurs : individuels, génétiques, mais aussi environnementaux (saisonnalité, mode de vie, alimentation…).
Dans la cohorte HELMI (1 000 enfants), une étude récente a analysé les liens entre HMO, microbiote et santé infantile. Elle s’appuie sur plus de 10 000 échantillons fécaux et 350 échantillons de lait maternel à 3 mois, avec un suivi de la santé jusqu’à 2 ans (1).
Les principaux facteurs influençant la composition des HMO sont :
- Une diminution progressive de leur concentration au fil de la lactation.
- Le génotype maternel, notamment les gènes FUT2 (sécréteur/non- sécréteur) et FUT3 (Lewis+/−), qui modulent la présence de certains HMO comme le 2’-FL et le 3’-FL.
Seules les mères sécrétrices produisent du 2’-FL, le HMO le plus abondant en Occident. Chez les non-sécréteurs (environ 20 % en Europe de l’Ouest), ce composé est absent, ce qui réduit la quantité totale de HMO. Une compensation partielle par le 3-FL est observée, mais les profils restent différents.
Malgré le génotype, une grande variabilité individuelle existe.
La répartition génétique varie selon les régions du monde, influencée par des facteurs évolutifs et environnementaux. Ainsi, la composition des HMO varie aussi selon les populations, même chez les nourrissons exclusivement allaités.
L’étude (1) a évalué l’impact de divers facteurs maternels sur la composition du lait. Un facteur clé ressort : la saison de naissance, avec des concentrations de HMO plus élevées en automne et plus faibles au printemps, possiblement dues à l’alimentation saisonnière.
Une question clé est de savoir si la présence de certains HMO, comme le 2’-FL, influence le microbiote infantile. Les analyses montrent une grande dispersion des profils microbiens, sans regroupement clair selon le statut sécréteur, ce qui suggère que ce facteur n’affecte pas significativement la composition globale du microbiote chez les nourrissons exclusivement allaités.
Cependant, en analysant les HMO individuellement, des différences apparaissent : les bifidobactéries sont les principaux consommateurs de HMO.
Chez les nourrissons allaités nés par césarienne, les liens entre HMO et microbiote sont plus marqués, avec une augmentation des bifidobactéries et une réduction des bactéries potentiellement pathogènes.
Dans de grandes cohortes européennes, peu de liens ont été trouvés entre le statut sécréteur maternel et la santé de l’enfant. Par exemple, la cohorte CHILD a montré que l’allaitement, qu’il vienne de mères sécrétrices ou non, protège de manière similaire contre le surpoids.
Cependant, certaines études ont trouvé des associations positives, comme une cohorte finlandaise qui a lié les niveaux de 2’-FL et le statut sécréteur à la taille et au poids des enfants.
Cliniquement, tant que l’enfant est allaité, la protection ne dépend pas beaucoup de la composition exacte des HMO. Cela reflète une redondance fonctionnelle évolutive, où différents HMO remplissent des rôles similaires, assurant une efficacité malgré les variations individuelles.
Messages clés :
- Saison, parité et tabagisme antérieur influencent la composition des HMO sous contrôle principal du génotype maternel.
- Le statut sécréteur maternel montre des associations limitées ou incohérentes avec le microbiote ou la santé des nourrissons exclusivement allaités.
- L’allaitement favorise un développement normal du microbiote et de la santé, tout en reconnaissant que la composition spécifique des HMO peut influencer la croissance des bifidobactéries.
- Les associations entre HMO individuels et taxons sont fortement dépendantes du mode d’accouchement.
Biotiques inspirés du lait humain : un fondement pour la santé au-delà de l’immunité
Orateur : Professeur Norbert Sprenger (Lausanne, Suisse)
La nutrition constitue la base d’une pyramide souvent sous-estimée, jouant un rôle clé dans l’interaction initiale entre l’hôte et le microbiome intestinal, surtout en début de vie. Cette interaction évolue avec le temps et requiert des interventions nutritionnelles adaptées.
Au niveau supérieur de cette pyramide, les fonctions métaboliques, digestives et d’absorption — régulées par le système immunitaire — sont essentielles durant la croissance du nourrisson. L’intestin agit comme barrière centrale contre les allergies et les troubles inflammatoires. Enfin, la croissance physique et le développement global complètent ce cadre.
Le développement du microbiote intestinal en début de vie est influencé par de nombreux facteurs, comme le mode d’alimentation, l’exposition aux antibiotiques, l’accouchement, l’environnement ou la fratrie.
Trois aspects sont clés : (1) les HMO, qui soutiennent l’immunité via certaines bactéries ; (2) une nutrition adaptée à l’âge, essentielle dès l’allaitement puis lors de la diversification ; (3) l’introduction progressive de taxons bénéfiques, car leur arrivée à un mauvais moment peut être inappropriée.
Les HiMOs produits industriellement présentent chacun des bénéfices fonctionnels potentiels distincts, comme le suggèrent les études observationnelles et les modèles précliniques, soulignant leur intérêt en tant que composés biotiques.
Les essais cliniques (2,3) montrent que l’ajout de HiMOs aux laits infantiles est sûr, bien toléré, et permet d’orienter certains paramètres, dont le microbiote, vers des profils similaires à ceux des nourrissons allaités.
Cependant, une étude montre qu’après enrichissement de la formule avec deux HiMOs (2’FL, LNnT) environ la moitié des nourrissons développaient un profil microbiotique proche de celui des
allaités, l’autre moitié conservant le profil initial, suggérant l’existence des phénotypes de réponse variable à l’ajout d’HiMOs (p < 0.05).
De plus, L’étude de Olm et al. (4) compare les populations bactériennes entre pays
non industrialisés et pays industrialisés, montrant une baisse des bifidobactéries métabolisant les HMOs, notamment B. infantis (le principal métaboliseur de HMOs en début de vie), dans les pays industrialisés.
Ces observations ont conduit à proposer un nouveau probiotique. Un criblage initial de 17 souches de B. infantis a été réalisé ; une souche a été sélectionnée et a montré :
- Sécurité et absence d’effets nocifs ;
- Absence de gènes de résistance aux antibiotiques ;
- Capacité à métaboliser un large spectre d’HMOs
- Synergie avec un mélange de 6 HiMOs : production de métabolites associés à la santé et protection contre les infections respiratoires et les allergies ultérieures ;
- Bonne intégration dans le microbiote infantile sans remplacer les souches existantes de B. infantis.
Deux essais cliniques non publiés ont analysé l’effet de formules enrichies avec B. infantis. Le premier testait une 6 HiMOs-formula avec deux probiotiques (B. infantis et B. lactis) ; le second ajoutait à une 7 HiMOs- formula B. infantis. Une croissance normale et une bonne tolérance ont été observées. Dans le groupe expérimental, les bifidobactéries augmentaient jusqu’à 6 mois.
Les analyses taxonomiques ont révélé une réduction transitoire des bactéries productrices de butyrate dans la formule enrichie avec probiotiques, suggérant un léger retard temporaire de maturation du microbiote, suivi d’une compensation plus tardive, rejoignant ensuite la trajectoire attendue. La capacité globale de production de butyrate restait légèrement supérieure dans le groupe contrôle.
Des observations similaires montrent qu’une augmentation précoce de bifidobactéries, surtout B. infantis, favorise plus tard la croissance de bactéries productrices de butyrate, suggérant un rôle préparatoire dans la stabilisation du microbiote.
Plusieurs biomarqueurs intestinaux ont été analysés. La calprotectine et l’alpha-1-antitrypsine étaient significativement réduites dans le groupe ayant reçu le synbiotique. R. gnavus était positivement associé aux marqueurs d’inflammation et de perméabilité intestinale, plus présents dans le groupe contrôle. À l’inverse, les IgA sécrétoires, indicatrices d’une bonne immunité muqueuse, étaient inversement corrélées à R. gnavus et associées à une plus grande abondance de Bifidobacterium dans le groupe expérimental.
L’exposition aux antibiotiques à 3 et 6 mois était similaire entre les groupes recevant la formule synbiotique expérimentale ou la formule contrôle. Une diminution de Clostridium difficile a été observée dans le groupe synbiotique, contrairement au groupe contrôle où une augmentation a été constatée.
Sur le plan immunitaire, une réduction des cellules Th2 et Th17 a été observée chez les nourrissons ayant reçu la formule synbiotique par rapport à ceux du groupe contrôle.
Messages clés :
La formule synbiotique contenant B. infantis :
- A permis une croissance adaptée à l’âge
- Est bien tolérée
- A favorisé le développement d’un microbiote adapté à l’âge
- A réduit le risque de troubles de santé ultérieurs
- A amélioré l’équilibre des cellules immunitaires systémiques
- A amélioré les marqueurs de santé intestinale
Bibliographie
- Matharu D, Ponsero AJ, Lengyel M, Meszaros-Matwiejuk A, Kolho KL, de Vos WM, Molnar-Gabor D, Salonen A. Human milk oligosaccharide composition is affected by season and parity and associates with infant gut microbiota in a birth mode dependent manner in a Finnish birth cohort. EBioMedicine. 2024 Jun;104:105182. doi: 10.1016/j.ebiom.2024.105182. Epub 2024 Jun 4. PMID: 38838470; PMCID: PMC11215963.
- Schönknecht YB, Moreno Tovar MV, Jensen SR, Parschat K. Clinical Studies on the Supplementation of Manufactured Human Milk Oligosaccharides: A Systematic Review. Nutrients. 2023 Aug 17;15(16):3622. doi: 10.3390/nu15163622. PMID: 37630811; PMCID: PMC10458772.
- Hojsak I, Dinleyici EC, van den Akker CHP, Domellöf M, Haiden N, Szajewska H, Vandenplas Y; ESPGHAN Special Interest Group on Gut Microbiota and Modifications. Technical review by the ESPGHAN special interest group on gut microbiota and modifications on the health outcomes of infant formula supplemented with manufactured human milk oligosaccharides. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2025 Mar 24. doi: 10.1002/jpn3.70032. Epub ahead of print. PMID: 40123480.
- Olm MR, Dahan D, Carter MM, Merrill BD, Yu FB, Jain S, Meng X, Tripathi S, Wastyk H, Neff N, Holmes S, Sonnenburg ED, Jha AR, Sonnenburg JL. Robust variation in infant gut microbiome assembly across a spectrum of lifestyles. Science. 2022 Jun 10;376(6598):1220-1223. doi: 10.1126/science.abj2972. Epub 2022 Jun 9. PMID: 35679413; PMCID: PMC9894631.





























