Tout Savoir sur l'infection à
Helicobacter pylori
chez l’enfant
Quand et comment Diagnostiquer
l’infection à
H. pylori
chez l’enfant
Pr Nicolas Kalach
Clinique pédiatrique Saint Antoine,
Hôpital Saint Vincent de Paul,
Groupement des Hôpitaux de
l’Institut Catholique de Lille (GHICL),
Lille-France
33
ème
CONGRES ANNUEL DU GFHGNP : DIJON 2018
Liens d’intérêt
1 Honoraires des communications scientifiques et coordinations d’études :
Danone,
Novalac-Menarini NIH
QUAND DIAGNOSTIQUER ?
• Les manifestations cliniques au cours de l’infection à
H. pylori
chez l’enfant ne sont
pas spécifiques.
• Indications Directes : L’infection à
H. pylori
chez l’enfant doit être recherché chez
l’enfant ayant
• Des signes cliniques d’alarmes suggestifs d’une maladie organique
• Une anémie par carence martiale réfractaire au traitement habituel
• Un purpura thrombocytopénie immun chronique (PTIC)
• Indications Indirectes Accidentelles :
• Présence des érosions et/ou ulcération gastriques et/ou duodénales, i.e. Maladie peptique
(MP).
• Présence d’une gastrique nodulaire (selon certains études une spécificité ~ 100%).
• Présence des signes endoscopiques en faveur du lymphome du malt chez les adolescents
et les jeunes adultes
Recommandation 1 : le but principal de l’investigation clinique des symptômes
gastro-intestinaux est de déterminer la cause des symptômes et de vérifier la
présence ou non de l’infection à
H. pylori
.
• En l’absence des ulcérations or des érosions gastriques et/ou duodénales (MP),
l’éradication de l’infection à
H. pylori
ne pourrait pas améliorer les symptômes
chez l’enfant.
• Cependant, en cas d’une suspicion d’une maladie organique à l’origine des DAR,
une endoscopie digestive haute (EDH) diagnostic doit être réalisée et non des
méthodes de diagnostic non-invasives de l’infection à
H. pylori
.
Recommandation 2a :
2a. Pendant l’EDH, des biopsies additionnelles doivent être prélevées pour la
réalisation du test à l’uréase rapide (RUT) et de la culture bactérienne seulement si
un traitement d’éradication doit être prescrit en cas de confirmation de l’infection.
• La recherche de l’infection à
H. pylori
doit être réalisée uniquement en cas
d’intention de traiter l’infection.
Recommandation 2b : Si l’infection à
H. pylori
est retrouvée accidentellement au
cours d’une EDH, un traitement pourrait être considéré après avoir discuté avec les
patients/parents des risques et des bénéfices du traitement de
H. pylori
.
• Chez les patients dont l’infection à
H. pylori
a été retrouvée accidentellement (sans la
présence d’un MP), il est recommandé avant de débuter un traitement d’éradication
de
H. pylori
, de bien expliquer aux parents que l’infection à
H. pylori
, est a priori, n’est
pas à l’origine des symptômes, et de ce fait, le traitement d’éradication ne pourrait pas
attendre à guérir leurs symptômes.
• Cependant, la discussion avec les parents doit inclure
• le risque potentiel de développer des complications liée à cette infection (MP et CG) plus
tard versus
• le risque potentiel du traitement (càd échec d’éradication bactérienne, effets secondaires
des antibiotiques, types diarrhée, crampes, coliques, ou un effet néfaste d’altération sur du
Microbiome intestinale).
Recommandation 2c –la stratégie ‘test and treat” n’est pas recommandée chez
l’enfant.
• Le but de l’investigation clinique est de détecter la cause des symptômes chez
l’enfant.
• Cependant, les données actuelles indiquent que l’infection à
H. pylori
n’entraine
pas des symptômes en l’absence de la MP.
• De ce fait, la réalisation d’un test non-invasif pour détecter et traiter l’infection en
cas de la positivité de ce test n’est pas indiquée.
Recommandation 3. l’infection à
H. pylori
doit être recherchée en présence d’ulcère
gastrique ou duodénal. Si l’infection à
H. pylori
est identifiée, un traitement doit
être prescrit et l’éradication doit être confirmée.
• Si des érosions, ulcères, ou scarification sont retrouvées au cours d’une
endoscopie, des biopsies doivent être prélevées pour rechercher
H. pylori
.
• La monothérapie par un inhibiteur de la pompe à proton (IPP) pourrait être
poursuivie après le traitement d’éradication pour 2 à 4 semaines supplémentaires
chez les patients ayant la MP.
• Le contrôle du succès du traitement d’éradication est obligatoire au moins 4-6
semaines après l’arrêt du traitement par les antibiotiques et au moins 2 semaines
après l’arrêt du traitement par IPP.
Recommandation 4. La recherche du diagnostic de l’infection à
H. pylori
chez
l’enfant présentant une douleur abdominal fonctionnelle n’est pas recommandée.
• Les enfants présentant des douleurs abdominales sans signe ou symptôme
d’alarmes sont dans leur majorité d’origine fonctionnelle et indépendante du
statut de
H. pylori
.
• Des tests de diagnostic non invasifs pour cette infection ne doivent pas être
réalisés chez ces enfants.
• La positivité de ces tests pourrait conduire à la réalisation d’EDH qui n’est pas
nécessaire selon la recommandation de ROME IV.
Recommandation 5a Le diagnostic de l’infection à
H. pylori
dans le bilan
d’investigation initiale chez les enfants présentant une anémie par carence martiale
(ACM) n’est pas recommandé.
• Les enfants présentant une ACM doivent être pris en charge selon les
recommandations actuelles en considérant l’histoire clinique et l’âge de l’enfant.
• Les tests non-invasifs de la recherche de
H. pylori
ne sont pas recommandés dans
le bilan d’investigation initiale de l’ACM chez l’enfant.
Recommandation 5b. Chez les enfants présentant une ACM réfractaire au
traitement et pour lequel les autres causes ont été éliminées, la recherche
diagnostic de l’infection à
H. pylori
par une EDH pourrait être considérée.
• En cas d’indication à la réalisation d’une EDH, au cours de la prise en charge de
l’ACM réfractaire au traitement adapté par le fer, le prélèvement de biopsies à la
recherche de
H. pylori
pourraient être considérées.
• Si une infection à
H. pylori
est détectée au cours d’une ACM réfractaire, un
traitement d’éradication de
H. pylori
doit être combiné avec une supplémentation
martiale.
Recommandation 6. Des tests diagnostic non-invasifs de
H. pylori
pourraient être
préconisés lors de l’investigation des causes du purpura thrombocytopénique
immun chronique (PTIC)
• Chez les patients présentant une PTIC et une thrombocytopénie, des tests
diagnostic non-invasifs à la recherche de l’infection doivent être utilisés.
• En cas de la positivité de ces tests, il faut décider d’une manière individuelle et
dépendante des comptages plaquettaires de l’éventuelle nécessité de la
réalisation d’une EDH avant d’entreprendre un traitement d’éradication.
Recommandation 7. La recherche d’une infection à
H. pylori
en tant qu’étiologie
d’une petite taille n’est pas recommandée
• L’hypothèse basée sur l’élimination de l’infection à
H. pylori
chez les enfants
prévient le retard de croissance a été investigués que dans des rares études bien
structurées.
• Des études supplémentaires sont nécessaires afin d’évaluer l’effet du traitement
d’éradication de
H. pylori
chez l’enfant avec une petite taille en Amérique du Nord
et en Europe.
H. pylori
is detected
Direct invasive biopsy
based tests
Histology,
Rapid Urease Test
(RUT),
Culture,
FISH &
PCR
Direct invasive non-
biopsy based tests
Oral specimen &
String sample
(entero-test)
COMMENT DIAGNOSTIQUER ?
H. pylori
is detected
Direct noninvasive tests
13
C-urea breath test
(UBT)
H. pylori
stool antigen
(HpSA) &
H. pylori
stool PCR
Indirect noninvasive tests
Serology &
Urines
COMMENT DIAGNOSTIQUER ?
COMMENT DIAGNOSTIQUER ?
• Le diagnostique initiale de l’infection à
H. pylori
chez l’enfant doit se faire par les
méthodes de diagnostiques directes invasives,
i.e.
une endoscopie digestive haute
avec des biopsies per-endoscopiques.
• Sauf en cas de PTIC
• Le contrôle de l’éradication bactérienne doit se faire par les méthodes de
diagnostiques directs non-invasives, i.e.
• le test respiratoire à l’urée marquée 13C (TRU 13C) &
• l'antigène
H. pylori
monoclonaux dans les selles
Recommandation 8. Avant de rechercher
H. pylori
, il convient d’arrêter le traitement
par un IPP au moins 2 semaines avant et par un antibiotique au moins 4 semaines
avant.
• Les patients ou les parents doivent être questionnés sur l’éventualité d’une prise
médicamenteuse les 4 semaines précédant les tests.
• Cet intervalle du temps doit être respecté pour les tests initiaux et ceux du
contrôle d’éradication bactérienne pour les deux types de tests invasifs et non-
invasifs.
• Si le traitement antiacide ne peut pas être arrêté pour 2 semaines en raison de la
récidive des symptômes, il est préconisé de changer pour un anti-H2 avec une
discontinuation du traitement 2 jours avant les tests, ce qui peut améliorer la
sensibilité des méthodes diagnostic de l’infection.
Recommandation 9a&9b. 9a. Le diagnostic de l’infection à
H. pylori
doit être basé
soit a) une culture positive ou b) une histologie (gastrite positive à
H. pylori
) associé
à au moins un autre test positif. 9b. Il est nécessaire de prélever 6 biopsies
gastriques lors d’une EDH pour établir le diagnostic de l’infection à
H. pylori
• Le diagnostic initial de l’infection à
H. pylori
doit être basé sur le prélèvement de
biopsies (n=6, 3 biopsies antrales et 3 biopsies fundiques).
• A partir des biopsies, seront effectués :
• a. une culture bactérienne positive
• b. Un examen histologique selon la classification de Sydney
• c. un autre test qui peut être soit le test à l’uréase rapide (TRU), soit une méthode
moléculaire, [PCR (polymerase chain reaction) ou un FISH (fluorescent in situ
hybridization)].
• Le diagnostic initial ne doit pas être basé sur des tests non-invasifs.
• Cependant, un test non-invasif positif, peut confirmer le diagnostic, si l’histologie
est le seul test disponible.
The highest sensitivity : PCR & Histology
The highest specificity : Culture
Systematic Review of English literature from 1999-2009
Identify test performances of
H. pylori
Invasive & Non invasive diagnostic tests in children
Direct invasive biopsy-based tests
RT-PCR Quantitative pour le diagnostic de l’ Infection à
H. pylori
chez l’enfant
Kalach et al. JPGN 2015
RT-PCR Quantitative peut aider à détecter la faible
charge bactérienne
Kalach et al. JPGN 2015
Recommandation 10. Les tests basés sur la détection des anticorps (IgE, IgA) anti-
H. pylori
dans le sérum, totalité du sang, urines, ou la salive ne sont pas
recommandés en pratique clinique
• Ces tests basés sur la détection des anticorps ne doivent pas être utilisés pour le
diagnostic :
• présence d’une infection active à
H. pylori
ou
• évaluer l’éradication après traitement chez les enfants et les adolescents.
Recommandation 15. L’éradication de
H. pylori
doit être évaluée au moins 4
semaines après la fin du traitement par l’un de ces tests : a) le test respiratoire à
l’urée marqué au Carbon 13C (13C-TRU) ou b) le test d’antigène monoclonal dans
les selles type deux étapes.
• La disparition des symptômes n’est un bon indicateur de la réussite du traitement.
• Le 13C-TRU est moins adapté aux enfants de moins de 6 ans et il peut donner des
résultats faussement positifs en raison
• du volume bas de distribution et de taux de production différent de CO2
• en relation avec des difficultés techniques de la réalisation du 13C-TRU par ce que les
jeunes enfants ne veulent souvent pas avaler le substrat du test
• de la présence des organismes producteur de l’uréase orale qui pourraient aussi dégrader le
substrat.
• L’utilisation du 14C-TRU n’est pas recommandée chez l’enfant dans ses différentes
tranches d’âge.
Recommandation 15. L’éradication de
H. pylori
doit être évaluée au moins 4
semaines après la fin du traitement par l’un de ces tests : a) le test respiratoire à
l’urée marqué au Carbon 13C (13C-TRU) ou b) le test d’antigène monoclonal dans
les selles type deux étapes.
• La précision du test de détection d’antigène monoclonal dans les selles type deux
étapes est comparable à celui du 13C-TRU et ne sont pas liées à l’âge.
• Le test d’antigène polyclonal dans les selles a une précision inférieure mais peut
représenter une alternative en cas d’indisponibilité des autres tests.
• Enfin, les tests rapides des selles « office-based » ont moins bonne performance
que les tests réalisés au laboratoire.
Systematic Review of English literature from 1999-2009
Identify test performances of H. pylori Invasive & Non invasive diagnostic tests in children
None of the reviewed studies addressed the UBT performance for H. pylori eradication
after treatment in children less than 6 years old
Leal Y et al, Helicobacter 2011
• A meta-analysis review of UBT in
pediatrics
• 31 articles & 135 studies
• From 1999 to 2009,
• Stratified children by age
• < 6 years &
• > 6 years
• UBT has a good accuracy in all ages
combined;
• Sen 95.9%, Spe 95.7%
• Accuracy was slightly higher in
children >6 years;
• Sen 96.6%, Spe 97.7
• In children below 6 years the
variability in accuracy was greater
• Sen and Spe lower
• Sen 95%, Spe 93.5%
Systematic Review of English literature from 1999-2009
Identify test performances of H. pylori Invasive & Non invasive diagnostic
tests in children
• Highest performances of EIA monoclonal antibody vs others
Guarner J, Kalach N, Elitsur Y, Koletzko S, Eur J Pediatr 2010
• A systematic review and meta-analysis in 48 pediatric studies to evaluate the
performance of HpSA,
• ELISA monoclonal antibodies in 6 studies (771 children)
• ELISA polyclonal antibodies in 29 studies (3853 children)
• One-step monoclonal antibody tests in 6 studies (779 children)
Leal Y et al, JPGN 2011
• ELISA monoclonal antibodies
• 6 studies
• 771 children
• The best performance : Sen and Spe of 97%
Leal Y et al, JPGN 2011
Conclusion & home messages
Indications Directes
1) Signes Cliniques suggestifs d’une
maladie organique
2) ACM réfractaire au traitement et
3) PTIC
Indications Indirectes
Accidentelles :
1) MP gastro-duodénale
2) GMN
3)Lymphome de Malt
Diagnostique de l’infection
initiale:
Invasive direct : EDH
(6 biopsies)
1) Culture +
2) et/ou au moins 2 tests positifs
a) Histo
b) TRU
c) PCR//FISH
PS : Arrêt IPP 2 semaines & ATB 4
semaines avant le test
Contrôle de l’éradication
bactérienne :
Direct non-invasive
1) TRU-13C
2) Antigène
H. pylori
monoclonaux
PS : Arrêt IPP 2 semaines & ATB
4 semaines avant le test
Bibliographie
• Nicola L. Jones, Sibylle Koletzko, Karen Goodman, Patrick Bontems, Samy
Cadranel, Thomas Casswall, Steve Czinn, Benjamin D. Gold, Jeannette Guarner,
Yoram Elitsur, MatjazˇHoman, Nicolas Kalach, Michal Kori, Armando Madrazo,
Francis Megraud, Alexandra Papadopoulou, and Marion Rowland, on behalf of
ESPGHAN, NASPGHAN. Joint ESPGHAN/ NASPGHAN guidelines for the
management of
Helicobacter pylori
in children and adolescents (update 2016). J
Pediatr Gastroenterol Nutr 2017 ; 64 : 991–1003.